Paris/Versailles – JoPa – Besprechung vom Konzert 18.3.

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Passion selon Saint Jean à Versailles : Ton le magnifique

En cette période de préparation aux célébrations de Pâques, impossible de passer à côté des traditionnelles « Passions » de Jean-Sébastien Bach ! A Versailles, l’oeuvre est livrée par Ton Koopman à la direction de l’Amsterdam Baroque Orchestra & Choir :

Bach écrit cinq passions dont seulement deux sont entières, la Passion selon Saint Jean et la Passion selon Saint Matthieu. Les autres sont soit perdues, soit partiellement reconstituées. Elles relatent toutes les derniers instants du Christ. Œuvres liturgiques pas excellence, Bach transcende ce genre dès son arrivée comme cantor à l’Église Saint Thomas de Leipzig en mai 1723. La Semaine Sainte célébrée par l’Opéra Royal de Versailles démarre cette année avec quelques jours d’avance, par la « Passion selon Saint Jean » et se terminera fin mars par la grandiose Saint Matthieu du même compositeur (réservations en suivant ce lien).

Composée en 1724 à Leipzig soit 14 ans après cette magnifique Chapelle palatiale de Versailles, cette Passion selon Saint Jean fait sans doute partie des plus grandes œuvres vocales de Bach. Monstre de la musique sacrée, elle est probablement la plus intérieure et la plus dramatique des deux. Composée trois ans avant sa sœur cadette, elle est aussi plus stricte et plus dépouillée au niveau de la composition de l’Orchestre & du Chœur.

Selon toute logique le lieu et l’œuvre font corps. Ton Koopman, qui fut couronné de prix pour son intégrale des Cantates de Bach et son enregistrement de cette Passion selon Saint Jean figure parmi le Panthéon aux côtés des versions signées Nikolaus Harnoncourt, Philippe Herreweghe ou encore John Eliot Gardiner. Il offre ici une extrême précision et une connaissance exceptionnelle du style baroque.

Face à son orgue positif, bras levé tendu vers le ciel, il concentre les énergies des musiciens. L’orchestre est absorbé, l’atmosphère est tendue. D’un geste énergique et d’une grande maîtrise, dans un tempo parfait, ni trop rapide ni trop lent, il lance les premières mesures et c’est la stupéfaction. Dans le « Herr, unser Herrscher…» les dissonances des hautbois et des flûtes nous entraînent dans une atmosphère poignante, oppressante, le battement des basses souligne inexorablement le côté implacable de ce chemin de croix. Puis, le chœur entre dans un cri perçant et bouleversant pour mener vers les derniers moments de la vie du Christ : Golgotha !

Après cette introduction instrumentale chargée en émotion, entre en scène l’Evangéliste, le narrateur de l’histoire. Tilman Lichdi tient ce rôle à la perfection. Dans une diction parfaite, d’une voix souple, il distribue tout au long de cette Passion le rôle de chacun. Klaus Mertens incarnant Jésus de Nazareth, est un baryton-basse d’une voix profonde et chaude. Son interprétation calme et rassurante colle à merveille au rôle de Jésus. Spécialiste de la musique baroque, il est le seul chanteur à avoir enregistré et interprété l’intégrale des œuvres de Jean Sébastien Bach. Notons aussi l’extraordinaire performance de la soprano Yetzabel Arias Fernandez et du contre-ténor Maarten Engeltjes. Même si leurs interventions sont ponctuelles, elles n’en donnent pas moins une couleur parfaitement intégrée à l’ensemble de cette formation.

Tout au long de cette fresque liturgique, la tension ne faiblit pas. Seules quelques parties détendent cette atmosphère oppressante comme l’Arioso et l’Aria « Betrachte, meine Seel… » et « Erwäge wie sein blutgefärbter Rücken… » (Considère mon âme… Songe à son dos sanglant) accompagnés par deux violes d’amour et un luth, instruments profanes quelque peu anachroniques dans cette œuvre. Contraste saisissant entre l’Aria « Es ist vollbracht ! » « Tout est accompli ! » de style très français, grave et accompagnée d’une viole de gambe et l’ensemble instrumental d’une écriture plutôt enjouée.

Le chœur final, d’une grande quiétude dévoile l’attachement que Jean-Sébastien Bach pouvait avoir pour la musique profane. D’un style plus galant il ponctue cette Passion avec élégance et sérénité.

D’une atmosphère sobre, profonde cette passion nous emmène avec souffrance au dernier instant de la vie de Jésus : la crucifixion. Même si l’on trouve quelques éléments profanes dans la composition instrumentale, entre autres, cette œuvre, magistrale n’en reste pas moins une des plus grandes œuvres liturgiques.

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